Article Jurisassociation Yannick Blanc

"Philanthropie d’utilité publique" par Yannick Blanc

Découvrez l’article de Yannick Blanc, Président du Comité Label IDEAS pour le dossier “Mécénat” de JurisAssociations n°704

"Philanthropie d'utilité publique"

Face aux besoins grandissants d’engagement des citoyens et des acteurs privés pour répondre aux enjeux de la société et de la planète, les procédures existantes pour qualifier un projet ou une action d’intérêt général sont obsolètes. Il faut redonner sa juste place à la délibération sur l’intérêt général dans le processus législatif.

Le juge recourt à la notion d’intérêt général lorsqu’il doit qualifier une situation pour arbitrer un conflit de normes, notamment un conflit entre un droit fondamental attaché à l’individu et une norme législative d’intérêt collectif ou renvoyant à l’activité de l’État : service public, travaux publics, ordre public, domaine public. « Le juge n’évoque pas l’intérêt général lorsque cela n’apporterait rien à sa décision ou à son argumentation ; il s’appuie en revanche sur lui lorsqu’il manque d’éléments juridiques pour rendre et sans doute plus encore pour motiver sa décision. » L’intérêt général se présente comme un « régulateur » au sens littéral du terme, c’est-à-dire comme un instrument permettant de faire varier l’intensité avec laquelle on applique la norme. Il ne sert donc pas à définir, mais à apprécier.

Le champ d’utilité publique

La notion d’utilité publique intervient dans deux procédures qui n’ont apparemment aucun rapport entre elles, mais qui sont en réalité rigoureusement symétriques : la déclaration d’utilité publique (DUP) et la reconnaissance d’utilité publique (RUP). La première permet de donner un fondement légal à l’expropriation afin de construire un ouvrage public. Elle consiste à faire la démonstration que l’utilité collective d’un ouvrage prévaut sur la garantie constitutionnelle du droit de propriété et, plus largement, sur les intérêts qui pourraient s’estimer lésés par cet ouvrage : « Elle a désormais pour fonction primordiale de consacrer en tant que tel l’intérêt général qui s’attache à la réalisation d’un projet. » La seconde est l’acte juridique qui incorpore une personne morale de droit privé au champ de l’action publique, ce qui lui permet notamment de faire prévaloir son droit sur celui des héritiers. Dans la DUP, le propriétaire privé s’incline devant l’utilité publique, moyennant une juste indemnisation ; dans la RUP, la puissance publique s’incline devant l’initiative privée, moyennant le respect par celle-ci de certaines règles. Il s’agit dans les deux cas d’un décret en Conseil d’État, l’intervention de la haute assemblée qualifiant a priori l’intérêt général d’un projet que le juge administratif apprécie a posteriori.

Les limites de l’appréciation administrative et de l’encadrement fiscal

C’est donc très abusivement que l’on appelle « reconnaissance d’intérêt général » le rescrit délivré par l’administration fiscale. Les articles 200 et 238 bis du code général des impôts (CGI) ne « définissent » d’ailleurs pas l’intérêt général, mais identifient trois critères (non-lucrativité, gestion désintéressée, non-restriction de la qualité de bénéficiaire) et douze domaines d’action (philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel, patrimoine artistique, égalité femmes-hommes, environnement naturel, langue et culture françaises) qui s’ajoutent au caractère d’intérêt général non défini pour permettre la déductibilité fiscale des dons.

La démarche du juge administratif et celle de la législation fiscale sont donc diamétralement opposées : le premier qualifie au cas par cas l’intérêt général d’un projet en fonction de son utilité pour le bien commun tandis que la seconde énonce une série de critères limitant a priori cette capacité d’appréciation. On comprend que le besoin de sécurité fiscale suscite la demande d’une définition légale de l’intérêt général, mais celle-ci est vouée à l’échec, le législateur ne pouvant octroyer un pouvoir d’appréciation sans limites à l’administration fiscale. Comment sortir de ce dilemme ?

Qu’il s’agisse de philanthropie, d’initiative citoyenne ou d’entrepreneuriat social, l’appréciation de l’intérêt général n’a d’effet utile que si elle est tournée vers l’avenir en s’appliquant à un projet et, dans une large mesure, à des modalités d’action nouvelles. Pour cette raison, elle ne devrait être confiée ni au juge, qui a vocation à intervenir après coup, ni à l’administration, toujours anxieuse de ne pas créer de précédent qui pourrait la lier, a fortiori à l’administration fiscale dont la mission est de veiller au grain et non de faire preuve d’audace.

Le besoin d’innovation pour changer de modèle philanthropique 

La transition écologique, le vieillissement démographique, les besoins en santé publique ou en éducation sont à l’évidence des enjeux essentiels d’intérêt général de notre époque. Leur ampleur et leur complexité défient les modalités classiques de l’action collective, comme le montrent les échecs ou les insuffisances de la fiscalité (taxe carbone), des normes réglementaires (agriculture), ou de la gestion par la performance (crise d’attractivité des métiers du lien et du soin). La société a, dans ce domaine, un besoin vital d’explorations et d’innovations se situant aux limites de l’action publique, de l’initiative citoyenne et du projet entrepreneurial. L’État doit répondre à ce besoin sous contrainte budgétaire. Puisqu’il est question de déroger à des règles établies et de fiscalité, c’est au législateur qu’il revient d’encourager mais aussi de contrôler ces innovations, comme il l’a fait avec l’expérience « Territoires zéro chômeur de longue durée » (TZCLD) en autorisant, pour une durée déterminée, à déroger à l’affectation des crédits d’indemnisation du chômage sur un nombre limité de territoires, moyennant un dispositif rigoureux de suivi et d’évaluation de l’expérimentation.

Prenant appui sur le succès de cette expérience, le pouvoir législatif pourrait en élargir la logique en adoptant, à la façon d’une loi de programmation pluriannuelle, un texte fixant pour une période de trois ou cinq ans une liste « d’objectifs d’utilité publique » gérés sous forme d’appels à manifestation d’intérêt (AMI) qui donneraient à leurs lauréats la garantie, pour une durée déterminée mais renouvelable, d’un régime d’exonération fiscale sous conditions de transparence et d’évaluation. Il s’agit ici de tirer simultanément les leçons de la dynamique encore inachevée des objectifs de développement durable (ODD), de celle du crédit d’impôt recherche (CIR), efficace mais insuffisamment contrôlé, et de celle de TZCLD évoquée plus haut.

Plutôt que de vouloir à tout prix limiter la dépense fiscale générée par les actions d’intérêt général – ce qui revient à considérer qu’il ne faut pas trop en faire pour le bien commun –, il paraît plus pertinent, dans la perspective de rigueur budgétaire qui s’annonce, d’organiser la délibération collective sur les contributions alternatives à l’impôt.

Yannick Blanc,

Vice-président de La Fonda

Président du Comité Label IDEAS

Article paru dans le dossier “Mécénat – Qui ne risque rien…” du JurisAssociations n°704 de septembre 2024.

Plus d'informations sur Juris Associations

interview France Culture Suzanne Chami

[Interview] "Comment les associations caritatives utilisent-elles les dons ?" - Suzanne Chami sur France Culture

Ce mercredi 8 janvier, Suzanne Chami, Déléguée Générale de l’Institut IDEAS, a eu le plaisir d’être interviewée dans l’émission « La Question du Jour » sur France Culture par Marguerite Catton.

Thème abordé : « Comment les associations caritatives utilisent-elles les dons ? »
Une belle opportunité pour souligner l’importance de doter associations et fondations des moyens nécessaires pour mener leur mission dans les meilleures conditions et répondre à leurs exigences.

Ecouter

bonne année 2025

L'Institut IDEAS vous souhaite une bonne année 2025 !

Bonne année 2025

En 2025, l’Institut IDEAS célèbre 20 ans d’accompagnement et de valorisation des acteurs de l’intérêt général : associations, fondations, fonds de dotation, mécènes et philanthropes.

Il y a 20 ans, l’Institut IDEAS bâtissait les conditions du dialogue fructueux entre trois univers : les acteurs de la solidarité, leurs financeurs, publics et privés, et les institutions du contrôle.

De ces regards croisés sont nés plusieurs dispositifs innovants pour soutenir la montée en compétence des personnes engagées dans les organismes à but non-lucratifs :

  • le Guide IDEAS des bonnes pratiques,
  • une démarche d’accompagnement à l’amélioration continue,
  • des outils pédagogiques accessibles à tous,
  • un programme de recherche participative,
  • et le Label IDEAS, pour valoriser la qualité et l’exigence des associations, fondations et fonds de dotation.

Grâce à l’engagement des 180 conseillers bénévoles, de nos fondateurs, de nos partenaires et de nos financeurs, nous poursuivrons ensemble notre mission : renforcer la capacité d’action des acteurs de l’intérêt général !

MERCI

Nous vous donnons rendez-vous en 2025 pour célébrer notre anniversaire !


L’Institut IDEAS et HelloAsso unissent leurs forces pour faire découvrir l'Autodiag IDEAS

L’Institut IDEAS est heureux d’annoncer son partenariat avec HelloAsso. Grâce à cette collaboration, les visiteurs du blog HelloAsso vont découvrir l’Autodiag, un outil en ligne pour analyser et améliorer les pratiques de gouvernance, de gestion et d’évaluation d’un organisme à but non-lucratif.

Une vision commune pour soutenir l’intérêt général

L’Institut IDEAS et HelloAsso partagent une conviction : il est essentiel de doter les associations d’outils adaptés et de favoriser leur montée en compétences. Les associations jouent un rôle fondamental dans la construction d’une société plus solidaire et engagée. Pour remplir cette mission, elles ont besoin d’un soutien adapté et de solutions concrètes.

L’Autodiag IDEAS : un outil concret pour progresser

L’Autodiag IDEAS est un outil d’auto-évaluation dédié aux associations qui souhaitent optimiser leurs pratiques en matière de gouvernance, de gestion financière et de pilotage des actions. Accessible gratuitement en ligne, il permet d’identifier ses points forts, axes d’amélioration et de découvrir de bonnes pratiques afin de faire progresser son organisme.

Un partenariat au service des associations

Depuis sa création, HelloAsso soutient l’engagement citoyen et facilite la participation à des projets associatifs grâce à une plateforme de paiement en ligne dédiée aux associations (dons, adhésions, billetterie, financement participatif). Ce service leur est offert et il est intégralement financé par la générosité des citoyens.

En intégrant l’Autodiag IDEAS dans son blog, HelloAsso contribue à faire connaître cet outil essentiel à un large public associatif. Marie-Bernard Delom, Présidente de l’Institut IDEAS conclu : “Ensemble, nous souhaitons encourager les associations à se structurer et développer leurs compétences pour maximiser leur action au service de l’intérêt général.”

Un webinaire pour partager des bonnes pratiques

Dans le cadre de cette collaboration, l’Institut IDEAS et HelloAsso ont organisé un webinaire intitulé “Les bonnes pratiques de gouvernance pour responsables associatifs engagés”. Cet événement a permis de partager des conseils pratiques et de faire une démonstration de l’Autodiag. Le replay de ce webinaire est disponible. 


Fédération handicap International labellisation

La Fédération Handicap International obtient pour la 3ème fois le Label IDEAS

Le mot d'Emmanuelle Weber, directrice Gestion des risques et audits de la Fédération Handicap International

Photo de Emmanuelle Weber, directrice générale adjointe Contrôles et Audit

« Nous sommes fiers d’être labellisés IDEAS pour la troisième fois consécutive. L’obtention de ce label témoigne de l’exigence que nous plaçons au cœur de notre engagement humanitaire auprès des populations les plus vulnérables. »

logo Handicap International
Logo du LABEL IDEAS avec signature

Découvrir la Fédération Handicap International

Handicap International est une organisation de solidarité internationale indépendante et impartiale, qui intervient dans les situations de pauvreté et d’exclusion, de conflits et de catastrophes.

ACTIVITES

Œuvrant aux côtés des personnes handicapées et des populations vulnérables, Handicap International agit et témoigne, pour répondre à leurs besoins essentiels, pour améliorer leurs conditions de vie et promouvoir le respect de leur dignité et de leurs droits fondamentaux.

Créée en 1982, Handicap International est composée d’un réseau de huit associations nationales (Allemagne, Belgique, Canada, États-Unis, France, Luxembourg, Royaume-Uni, Suisse) et d’une fédération établie en 2009.

La Fédération Handicap International assure l’animation du réseau international et la réalisation des programmes dans le monde.

Les associations du réseau ont des missions distinctes et complémentaires : l’appui aux activités, la mobilisation de l’opinion publique et la recherche de fonds institutionnels et privés destinés à la mise en œuvre de la mission sociale commune.

www.hi.org

Le LABEL IDEAS : une démarche structurante et exigeante au service de l'action

Le LABEL IDEAS atteste de la qualité des pratiques en matière de gouvernance, finances et d’évaluation.

Ce label indépendant est décerné aux associations et fondations qui répondent aux exigences du Guide IDEAS des Bonnes Pratiques.

Son référentiel, construit par les parties prenantes du secteur associatif et de la philanthropie, et des métiers du contrôle, couvre les champs clés du fonctionnement d’une organisation. Il engage l’organisme dans une dynamique d’amélioration continue pour favoriser son développement et optimiser son action. Le LABEL IDEAS est la marque d’un engagement sociétal de qualité.

Il est obtenu grâce à l’accompagnement mené par les conseillers bénévoles de l’Institut IDEAS, sur la base de contrôles externes professionnels et au terme d’une audition devant le Comité Label (organe autonome).

Liste des labellisés IDEAS

Labellisation Fédération des Aveugles de France

La Fédération des Aveugles de France obtient pour la 3ème fois le Label IDEAS

Le mot de Bruno Gendron, Président de la Fédération des Aveugles de France

Photo Bruno Gendron

Une belle reconnaissance pour la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France, qui vient d’obtenir pour la troisième fois le prestigieux label IDEAS ! Son obtention vient reconnaître une fois de plus la rigueur et le professionnalisme de notre gestion. Nous adressons nos sincères remerciements au Comité Label pour cette marque renouvelée de confiance. Merci aussi à tous nos donateurs, dont le soutien essentiel et indispensable, s’inscrit dans un projet solide autour du plein accès à la citoyenneté des personnes aveugles et malvoyantes. Nous avons à cœur de vous garantir l’usage transparent et digne de vos attentes, des fonds que vous nous confiez avec tant de générosité.

logo Fédération des Aveugles de France
Logo du LABEL IDEAS avec signature

Découvrir la Fédération des Aveugles de France

La Fédération des Aveugles et Amblyopes de France rassemble des militants, des usagers aveugles et malvoyants, des professionnels et bénévoles engagés ensemble pour une plus grande inclusion sociale et économique des personnes déficientes visuelles.

ACTIVITES

La Fédération s’engage sur tous les fronts aux côtés des personnes touchées par la cécité.
– En soutenant l’édition de manuels scolaires et de livres de jeunesse en braille, l’éducation en milieu ordinaire des jeunes aveugles et malvoyants via des structures périscolaires ), ainsi que des séjours de loisirs adaptés,
-En soutenant les avancées de la recherche par le financement des bourses de recherches et le soutien à des laboratoires,
-La Fédération met en œuvre des actions et initiatives pour favoriser l’employabilité des personnes déficientes visuelles,
– L’accessibilité numérique est un axe stratégique en faveur de l’inclusion sociale et professionnelle. la Fédération accorde une attention toute particulière au développement des Nouvelles Technologies, porteuses de nombreux espoirs de gain d’autonomie et de quotidiens améliorés,
– La Fédération a lancé un site « savoir aider », une initiative pour combler le manque d’informations sur le le handicap visuel auprès des aidants.

www.aveuglesdefrance.org

Le LABEL IDEAS : une démarche structurante et exigeante au service de l'action

Le LABEL IDEAS atteste de la qualité des pratiques en matière de gouvernance, finances et d’évaluation.

Ce label indépendant est décerné aux associations et fondations qui répondent aux exigences du Guide IDEAS des Bonnes Pratiques.

Son référentiel, construit par les parties prenantes du secteur associatif et de la philanthropie, et des métiers du contrôle, couvre les champs clés du fonctionnement d’une organisation. Il engage l’organisme dans une dynamique d’amélioration continue pour favoriser son développement et optimiser son action. Le LABEL IDEAS est la marque d’un engagement sociétal de qualité.

Il est obtenu grâce à l’accompagnement mené par les conseillers bénévoles de l’Institut IDEAS, sur la base de contrôles externes professionnels et au terme d’une audition devant le Comité Label (organe autonome).

Liste des labellisés IDEAS

[Replay] Webinaire "Les bonnes pratiques de gouvernance pour responsables associatifs engagés"

Retrouvez le replay du webinaire"Les bonnes pratiques de gouvernance pour responsables associatifs engagés", événement organisé par HelloAsso, en partenariat avec l'Institut IDEAS.

Avec ce webinaire, reposez les concepts de base d’une bonne gouvernance et découvrez l’outil d’autodiagnostic de l’Institut IDEAS, pour identifier les manques et les atouts de votre gestion associative.

Les objectifs ? Vous aider à mieux animer votre conseil d’administration, identifier les marges d’amélioration dans le fonctionnement de votre association et être plus efficaces au quotidien.

Au programme de ce webinaire

  • Les bonnes pratiques de gouvernance du Guide IDEAS
  • Evaluez où vous en êtes dans votre association avec l’Autodiag IDEAS
  • Un moyen de mettre en œuvre la bonne pratique de dynamisme du CA : organiser un partage de l’Autodiag
  • Quelle que soit votre taille c’est un outil pour vous !    
  • Démonstration
  • Questions/Réponses

Intervenante

Marie-Bernard DELOM
Présidente de l’Institut iDEAS

HelloAsso, en bref :

HelloAsso soutient l’engagement citoyen et facilite la participation à des projets associatifs grâce à une plateforme de paiement en ligne dédiée aux associations (dons, adhésions, billetterie, financement participatif). Ce service leur est offert et il est intégralement financé par la générosité des citoyens. Agréée ESUS, HelloAsso est également agréée Etablissement de Paiement depuis 2023 par l’ACPR.


Soirée de l'Engagement : venez rencontrer l'Institut IDEAS

[03/12] Soirée de l'Engagement : venez rencontrer l'Institut IDEAS

La grande Soirée de l’Engagement organisée par la Ville de Paris se tiendra à l’Hôtel de ville mardi 3 décembre prochain. Inscrivez-vous dès aujourd’hui pour rencontrer les actrices et acteurs de l’engagement associatif et citoyen.

Venez rencontrer l’Institut IDEAS dans l’espace « L’engagement dans tous ses états » au stand numéro 8.

Rendez-vous le mardi 3 décembre 2024 à partir de 16h,
à l’Hôtel de ville de Paris

À l’occasion de la semaine de l’engagement, la Ville de Paris organise la Soirée de l’Engagement à destination des associations et de tous les citoyens parisiens engagés.

Le mardi 3 décembre à partir de 16h, vous pourrez rencontrer, participer et discuter avec des bénévoles, associations, Volontaires de Paris, lieux et services de l’engagement… avec toutes celles et ceux qui, à la Ville de Paris, œuvrent quotidiennement au service de l’engagement des parisiens sous toutes ses formes. Ateliers participatifs, débats, animations sont au programme de cette soirée dans les salons de l’Hôtel de Ville.

Je m'inscris

Inscription obligatoire dans la limite des places disponibles ici. (munissez-vous d’une pièce d’identité pour accéder à la Soirée)


Le Comité Expert IDEAS accueille de nouveaux membres

Le Comité Expert de l’Institut IDEAS, chargé de concevoir et d’enrichir le Guide IDEAS des Bonnes Pratiques, ouvre de nouvelles perspectives grâce à l’arrivée de quatre personnalités aux parcours et expertises varié.

Bienvenue aux nouveaux membres :

  • Christine AUBRIET, Expert en contrôle interne et gestion des risques, Vice-Présidente du Comité Expert
  • Rudy JARDOT, Expert-comptable, représentant le Conseil National de l’Ordre des Experts-Comptables (CNOEC)
  • Jean-François LE PAGE, Expert en ressources humaines, anciennement Responsable outils et methode de l’Institut IDEAS
  • Léa TERRIER, représentant la Fondation de France, organisme labellisé IDEAS
Avec cette diversité de profils, le Comité Expert poursuit sa mission de croisement des regards entre organismes à but non-lucratifs, financeurs et métiers du chiffres.
Nous sommes fiers de les accueillir et impatients de poursuivre ensemble le développement d’outils pédagogiques au service de la montée en compétences des acteurs de l’intérêt général.

christine aubriet

Christine AUBRIET

rudy jardot

Rudy JARDOT

Jean-francois

Jean-François Le Page

léa terrier

Léa TERRIER

Les membres du Comité Expert


Paul PRUD’HOMME, Commissaire aux comptes, Expert-Comptable, Président

Christine AUBRIET, Expert contrôle interne et gestion des risques, Vice-Présidente

Marie-Line DAUDIN, Expert communication et RSE

Charles Benoît HEIDSIECK, Le Rameau

Rudy JARDOT, CNOEC

Jean-François LE PAGE, Expert RH

Elisabeth PASCAUD, France Bénévolat

Guillaume PLAISANCE, Maître de conférences en gestion non lucrative et gouvernance

Louis-Michel PAYEN, Conseil en stratégie, finances, management de la performance

Jean-Bernard SOULIE, Banquier privé

Djamel ZAHRI, CNCC

Apprentis d’Auteuil représentée par Jacques RETAILLEAU

Association SPARADRAP représentée par François CHEVALLIER-MAMES

Envoludia représentée par Emilien BREL

Fondation de France représentée par Léa TERRIER

Fondation Entreprendre représentée par Thibault de SAINT SIMON


Article Jurisassociations de Paul Prud'homme

"Territorialité des dons : Quels risques ?" par Paul Prud'homme

Découvrez l’article de Paul Prud’homme, Président du Comité Expert de l’Institut IDEAS pour le dossier “Mécénat” de JurisAssociations n°704

"Territorialité des dons : Quels risques ?"

Le financement d’une action d’intérêt général à l’étranger peut être envisagé de manière directe ou par le biais d’une entité française ou européenne. La distinction est d’importance. Décryptage.

Une organisation sans but lucratif étrangère peut-elle collecter des ressources en France pour financer ses actions dans son pays ? Très vraisemblablement, mais cette collecte ouvre-t-elle droit au donateur français à une réduction d’impôt ? La collecte de fonds, dons ou mécénat d’entreprise, par une organisation française destinée au soutien d’une action d’intérêt général dans un autre pays pose la question de la « territorialité » de la générosité. Le sujet vise à savoir si un don versé à un organisme français ou européen pour soutenir une action en Europe ou en dehors de l’Europe ouvre droit à l’avantage fiscal. Ainsi, les questions portent sur la territorialité de l’organisme bénéficiaire du don, mais également sur la territorialité de l’action financée.

Territorialité des organismes éligibles au régime du mécénat 

Depuis 2009, l’administration fiscale admet la possibilité de l’émission d’un reçu fiscal aux dons et versements consentis au profit d’organismes étrangers établis dans un État membre de l’Union européenne (UE) ou dans un État membre de l’Espace économique européen (EEE) ayant conclu avec la France une convention fiscale comportant une clause d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude ou l’évasion fiscale. Cette ouverture opérée par l’administration fiscale répond à la première question. Il existe néanmoins quelques conditions. En effet, « les organismes européens concernés doivent poursuivre des objectifs et présenter des caractéristiques similaires à ceux des organismes éligibles dont le siège est situé en France, tant par leur forme que par leur objet. Effectivement, il ne suffit pas qu’un organisme se prévale de la qualification d’intérêt général qui lui est reconnue par l’État dans lequel son siège est établi, il doit répondre à l’ensemble des conditions prévues pour l’application du régime français du mécénat ».

Territorialité des actions financées par le mécénat

La seconde question, qui concerne la territorialité de l’action, est plus délicate ! Il existe, en effet, plusieurs conditions. Celles-ci portent sur la nature des actions et sur la maîtrise de leur mise en place. Concernant la nature des actions menées hors de l’Union européenne, il s’agit d’actions humanitaires, d’actions concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique, à la diffusion de la culture, de la langue et des connaissances scientifiques françaises, d’actions en faveur de la protection de l’environnement naturel, d’actions scientifiques ou encore d’actions menées par certaines organisations internationales habilitées.

Quant au second volet sur la maîtrise des actions mises en place, les organismes doivent satisfaire à trois conditions cumulatives :

  • « ils doivent définir et maîtriser le programme à partir de la France ou de l’État membre où ils ont leur siège ;
  • ils doivent financer directement les actions entreprises ;
  • enfin, ils doivent être en mesure de justifier des dépenses qu’ils ont exposées pour remplir leur mission.

Ces deux dernières conditions supposent, en cas d’intervention directe de l’organisme, que les fonds perçus soient versés sur des comptes bancaires propres à l’organisme concerné et qu’en conséquence l’utilisation des fonds soit contrôlable à tout moment au moyen de sa propre comptabilité par l’administration fiscale française.

La simple collecte de fonds au profit d’organismes situés à l’étranger ne permet pas, à elle seule, de caractériser des opérations organisées et contrôlées à partir de la France ou de l’État membre ». Nous touchons ici le point le plus délicat de l’éligibilité des dons à l’avantage fiscal. L’organisme collecteur devra ainsi être en mesure de justifier de la maîtrise de son programme d’action en dehors de l’Europe. La simple collecte de fonds au profit d’une entité située en dehors de l’Union européenne ne lui permettra pas d’être « qualifié » sur cette condition.

L’organisme collecteur devra pouvoir, notamment, démontrer à l’administration que les dons perçus sont affectés sur des comptes dédiés aux programmes financés, qu’il existe des conventions ou documents permettant d’attester la maîtrise des programmes ou encore l’existence d’une procédure d’audit et de contrôle des actions locales et, plus généralement, de l’organisme situé sur place.

Contrôle et documents justificatifs 

Nous avons évoqué les conditions formelles que les organismes sans but lucratif (OSBL) devaient respecter concernant les dons transfrontaliers. Mais qu’en est-il de l’information du public et des donateurs ? Ces obligations de transparence laissent-elles entrevoir de nouveaux risques ? Il existe plusieurs vecteurs de communication obligatoires pour les organismes français.

Compte d’emploi des ressources collectées auprès du public (CER) et compte de résultat par origine et destination (CROD)

La réforme du plan comptable du secteur non marchand en 2018 est venue renforcer l’information sur la territorialité des actions menées par les OSBL. Nous connaissons le CER et, désormais, le CROD, qui figurent de manière obligatoire dans l’annexe des comptes sociaux des organismes faisant appel à la générosité du public. Ces états financiers indiquent l’emploi des ressources collectées suivant la localisation des actions (France ou étranger). Le risque ici est un sujet de non-conformité « comptable ». Cela peut entraîner une observation, une réserve, voire un refus de certification de la part du commissaire aux comptes en cas de non-conformité.

État des avantages et ressources provenant de l’étranger (EAR)

Une nouvelle obligation issue de la loi confortant le respect des principes de la République, dite « loi Séparatisme », s’impose aux OSBL bénéficiant de ressources ou avantages provenant de l’étranger – par suite, un nouveau règlement comptable est venu compléter le règlement comptable des associations. Cette information vise les associations, les fonds de dotation et les associations cultuelles qui dépassent certains seuils. Les fondations ne sont pas visées par cette obligation. Nous pouvons penser que cette exemption serait liée au fait que les fondations reconnues d’utilité publique (FRUP) sont « dotées » d’un représentant de l’État au sein du conseil d’administration qui permet à ce dernier d’avoir un regard sur ces ressources.

La loi Séparatisme introduit une sanction pour le non-respect de cette nouvelle obligation. Il s’agit d’une amende à caractère pénal de 3 750 euros, qui peut être portée jusqu’au quart de la somme des avantages et ressources non inscrite dans les comptes. À noter que les associations cultuelles bénéficiaires de tels avantages ont l’obligation de réaliser une déclaration auprès du ministère. Il convient, enfin, de relever que, s’agissant d’une infraction pénale, le commissaire aux comptes sera dans l’obligation d’en tirer les conséquences en matière de révélation de faits délictueux.

Paul Prud’homme,

Expert comptable et commissaire aux comptes Premium Audit,

Président du Comité Expert de l’Institut IDEAS

Article paru dans le dossier “Mécénat – Qui ne risque rien…” du JurisAssociations n°704 de septembre 2024.

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